2007 : Le choix d’être partisan

Voici un article que j’ai écrit pour Impatience Démocratique (ID), le journal militant anduzien. Il devrait être publié en janvier. Le voici déjà disponible sur mon blog.

2002, j’ai presque 18 ans. Même si je ne peux pas voter, ce sont les premières élections ou je me fais réellement une opinion. Quelle désillusion… Issu d’une famille militante, j’ai été plus que choqué par la disparition de la gauche au deuxième tour et surtout par la montée du FN (24,9% dans le Gard au premier tour et 26,7% au second!).

2005, référendum européen. Je suis tiraillé entre mon appartenance européenne (j’ai grandi dans une Europe sans frontière) et mon refus du libéralisme économique. Je finis par me décider à refuser l’Europe qui m’est proposée pour en espérer une meilleure.

2006, mouvement de grèves étudiantes contre le CPE. Nos jolies facs endormies se réveillent enfin de leur long sommeil pour se mobiliser vis à vis d’une attaque de l’UMP contre les jeunes. Après 6 longues semaines de mobilisation, le gouvernement De Villepin se décide enfin à retirer le texte, mais le réveil des consciences à déjà eu lieu. Une association est en train de se créer à la fac et de nombreux jeunes comme moi décident de dire « Ne nous arrêtons pas là! ». Finalement, on peut peut être remercier notre cher premier ministre pour cette douche froide.

Mais alors que faire? S’impliquer, mais comment? Et pour quoi, qui? Comment faire gagner les idées de la gauche?

Je suis un citoyen, très sensibles aux problèmes environnementaux, à la recherche, à l’emploi et à l’éducation. Et je veux avant tout empêcher Sarkozy d’appliquer sa politique de casse sociale, de communautarisme, de création d’insécurité (sociale et physique), d’ultralibéralisme, de racisme (positif), de populisme…

Je me suis donc tourné vers le parti socialiste qui semble pour moi le mieux incarner ces valeurs. Certes, je pense que c’est le seul parti de gauche capable de gagner les prochaines élections mais en plus il me semble qu’il propose le meilleur projet. Je ne vais pas vous faire un résumé du projet du PS (www.parti-socialiste.fr) rassurez vous! Cependant je me dois d’étayer un peu mes propos.

OK, je ne suis pas toujours à 100% emballé par ce qui est proposé, mais j’apprécie la vision globale du projet. J’aurais peut être préféré qu’il aille plus loin dans certains domaines comme par exemple :

  • la préservation des entreprises stratégiques et pas seulement EDF-GDF,
  • la création d’une 6ème république beaucoup plus parlementaire,
  • un énorme plan de sauvegarde de la recherche française et du monde universitaire,
  • le lancement d’un traité social européen pour harmoniser par le haut les droits sociaux en Europe.

Toutefois je suis agréablement surpris par les nombreuses avancées que ce projet nous propose :

  • la couverture professionnelle universelle,
  • le mariage et l’adoption ouverts aux couples de même sexe,
  • l’arrêt des essais d’OGM en plein champ,
  • le service civique obligatoire,
  • le SMIC à 1500 euros,
  • la prise en compte de nouveaux indicateurs de croissance…

Et les autres forces de la gauche me direz vous?

Pourquoi pas les verts? L’écologie est un problème primordiale qui va prendre une importance de plus en plus considérable au fur et à mesure que le climat va se dérégler (et la biodiversité décroître, etc.). Je pense cependant que les verts n’ont pas vocation à être un parti politique indépendant. Ils sont clairement à gauche et réformiste. Alors pourquoi se distancer du PS, comme si l’écologie était un problème différent des autres. A ce moment là, autant faire un parti pour la retraite à 60 ans, un autre pour le mariage homosexuel, un autre pour la sauvegarde du service public, etc.

L’extrême gauche (LCR, candidat unitaire, PCF, etc.)? Je suis réformiste et convaincue qu’appeler à la révolution ou au communisme n’est pas la solution à tous nos problèmes. Il est trop facile de dire que tout réside dans une décision uniquement politique (nationalisation, taxe spéciale, etc.). On à besoin des autres pour avancer et pour cela on doit toujours faire des concessions. On a besoin de la confiance (du patronat, des salariés, du peuple mais aussi des autres pays) pour bâtir une économie saine et efficace. On ne doit pas céder sur nos principes fondamentaux mais on ne peut pas imposer notre vision des choses à tous. Le PS est parfois un peu mou (à moi en tant que militant de le stimuler) mais l’extrême gauche est trop populiste à mon goût. Il vaut mieux promettre un peu moins et le réaliser que promettre la lune et ne même pas s’en approcher.

Les autres forces de gauches réformiste (Parti radical de gauche, Mouvement républicain et citoyen)? Pour pouvoir gagner il faut être unis, malgré les divergences qui peuvent exister entre nous. Les courants au sein du PS servent à exprimer ces différences. Je pense qu’il est préférable de réunir le plus de monde possible dans un grand parti de gauche gouvernementale que dans une multitude de petits partis qui se tiraillent à chaque élection (8 partis de gauches en 2002). Il faut savoir exprimer proprement ses différences pour trouver des consensus.

Voici comment je me suis décidé à me diriger vers ce parti de vieux (pas pour tous mais quand même) en espérant ne plus jamais revivre de 21 avril 2002. Je suis ravi de voir que de nombreuses personnes ont effectué le même geste que moi cette année (le PS est passé de 100 000 à 200 000 membre en quelques mois) et j’espère que cette dynamique va continuer, pour rajeunir le PS et l’empêcher de s’endormir sur ses lauriers.

Pour militer, je me suis tourné vers le Mouvement des Jeunes Socialiste (MJS) de l’Hérault qui est une organisation de jeunes qui veulent vraiment influencer la politique en ramenant les vrais idées de gauche dans le débat. Je m’implique à fond depuis quelques mois et je suis agréablement surpris par la dynamique qui nous fait progresser. Au sein d’une équipe d’une cinquantaine de personnes, on débat, milite, discute et on réfléchit sur le monde et l’orientation qu’on veut lui donner.

Parce que du haut de mes 22 ans je crois que :

  • une autre France (un autre monde) est possible,
  • les jeunes sont plus impliqués qu’ils n’y paraissent,
  • l’électorat FN n’est pas vraiment raciste (pas tous en tout cas),
  • la gauche peut retrouver ses valeurs et ses couleurs,
  • la préservation de l’environnement est possible,
  • le chômage n’est pas une fatalité,
  • l’immigration est une chance et non un problème
  • et 2007 sera l’occasion pour la gauche de revenir au pouvoir.

Parce que je crois aussi que pour tout cela il nous faudra

  • être toujours vigilant,
  • nous battre contre le fatalisme et la tentation du populisme,
  • réfléchir ensemble aux solutions à apporter
  • et voter en notre âme et conscience pour la gauche réformiste au service des espérances révolutionnaires.

J’ai fait le choix d’être partisan et militant pour le socialisme de la transformation social au sein du PS et des MJS.