La citadelle assiégée

Je viens de voir le film « la citadelle assiégée ». C’est un film très réussit qui ma enthousiasmé sur une guerre entre une colonie de fourmis et une de termite. Tournée avec de vrais animaux, il met aux prises, d’un côté les termites et, de l’autre, les fourmis magnans, insectes aux mandibules acérées, guerrières agressives, créatures qui semblent tout droit sorties d’un film d’épouvante. Il n’a rien a envier a d’autres films de guerre comme « Le seigneur des anneaux » ou « il faut sauver le soldat rayan » avec ses combats épiques, composé de milliers de soldats.

La Citadelle assiégée est visuellement un film de guerre, qui rappelle certains films de science-fiction, par l’étrangeté des comportements parfaitement stéréotypés, totalement programmés comme des ordinateurs et des cyborgs. Notamment, quand se forment automatiquement ces grappes de fourmis Magnans s’infiltrant dans la termitière, ce film ressemble a des films comme Alien. Ou aussi a des films de science-fiction avec des insectes tueur.

Les termites sont des insectes primitifs présents sur Terre depuis 250 millions d’années. Ils sont aveugles, fuient la lumière et vivent à l’intérieur d’une forteresse pouvant s’élever jusqu’à 6 mètres de hauteur abritant plus de 2 millions d’individus qui travaillent 24 heures sur 24. Ces insectes sociaux ont une colonie divisée en trois castes différenciées par leur morphologie et leur fonction dans la société : les ouvriers, les soldats et les termites ailées (pour la reproduction).

Les fourmis, quand a elle, sont les organismes les plus abondants sur Terre. En Afrique, on dénombre 20 millions d’individus sur un seul hectare de savane. Les fourmis font preuve d’une résistance extraordinaire : elles peuvent survivre onze mois à l’irradiation par du césium radioactif; elles supportent de nombreuses pollutions d’origine industrielle et peuvent résister quatorze jours à l’immersion dans l’eau. Il existe plusieurs catégories de fourmis : les carnivores, les sexuées, les ouvrières et les soldats.

Chez les insectes sociaux, l’individu existe très peu ou pas du tout. La fable que raconte le film s’organise sur la rencontre fortuite entre une termitière et une fourmilière. Ce sont deux ordinateurs chimiques qui fonctionnent sur les principes d’intelligence collective. En contact l’une avec l’autre, ces deux collectivités déclenchent une spirale infernale. Cet automatisme et les mouvements de foule des insectes m’ont convaincu qu’il était possible de réaliser un spectacle utilisant les codes du film de genre. Ca fait plaisir de voir autre chose qu’une vision anthropomorphique de la société des fourmis avec un personnage centrale, qui pense et qui agis comme un être humain.

La mise en scène est vraiment original. D’ailleurs, le réalisateur Philippe Calderon s’explique sur Allociné : « Le principe de réalisation a été de provoquer des comportements naturels, à partir de l’artifice de la mise en scène, inhérente au récit de fiction. Dans ce film, on ne peut prêter des « sentiments » humains à ces automates, mot souvent utilisé dans le commentaire. La reine Termite est une machine à pondre inconsciente, qui régule chimiquement des odeurs, et ne « commande rien du tout ». Elle est présentée comme telle. Le film est réaliste sur le plan des comportements, fictionnel dans la mise en scène. C’est pourquoi il nous en apprend beaucoup sur les insectes. En ce sens il s’agit bien d’un documentaire ayant obtenu l’aide de l’institut de recherche et développement (IRD). De la mise en scène peut resurgir la vérité d’un monde. C’est le principe que j’ai voulu mettre en oeuvre dans ce film. »

L’un des points forts techniques de La Citadelle assiégée est l’utilisation du Boroscope, outil révolutionnaire dans l’image macro. Jusqu’à présent, tous les objectifs macro avaient une profondeur de champs très réduite. Avec le boroscope, l’objectif est installé à quelques centimètres de l’animal. Il confère un angle de 120 degrés avec une mise au point très près du sujet, ce qui permet d’avoir une image nette de 5 cm à l’infini. Grâce à cet outil, on découvre l’animal dans son environnement. Les animaux apparaissent énormes et donnent l’impression d’évoluer dans un grand canyon alors qu’ils courent dans une crevasse de quelques centimètres de large. Les images sont absolument époustouflante.