L’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation

Ségolène Royal à donné comme priorité à Dunkerque le 25 février 2007 l’éducation. Elle considère (et Christiane Taubira est un appuis formidable) que l’école et la famille sont le début de tout. Par exemple la délinquance peut être traité par la sanction. Mais l’éviter par l’éducation c’est mille fois mieux. De même, la pauvreté peut être traité par des allocations. Mais l’éviter par la suivre une formation c’est mille fois mieux.

François Bayrou se drape dans des déclarations électoralistes, mais ne propose aucune solution concrète pour améliorer le sort des enseignants et des élèves. Il défend l’idée de l’excellence à l’école (qui veut le contredire?), mais reste, comme pour l’ensemble de son programme, dans le plus grand flou quant à l’application de ce principe.

Comme Nicolas Sarkozy, il se prononce en faveur du respect que les élèves doivent aux enseignants, idée contre laquelle personne ne peut s’élever. Pour autant, il n’explique jamais comment il s’y prendrait pour améliorer la situation actuelle.

Nicolas Sarkozy quand à lui prolonge sa vision autoritaire de la société à l’école. Il défend une conception de l’école profondément réactionnaire à toute idée de progrès social et culturel :

– Il souhaite continué avec l’apprentissage à 14 ans. Evidement ce sont les jeunes d’origine modeste, les jeunes de banlieues (ou de la campagne) qui seront les premiers concernés. Les jeunes des beaux quartiers seront ainsi définitivement assurés de ne plus les croiser.– Son mépris pour l’école s’exprime au moment où il fait de l’école la cause de tous les échecs sociaux dans un tableau qui révèle un profond mépris pour les « communautés étrangères » qualifiées de « tribus ». « Au bout de la faillite de l’école, il y a l’éclatement de la famille. Il y a aussi le communautarisme et les tribus. Il y a le chômage et l’exclusion.» (discours de Maisons-Alfort).– Il fait (fidèle à son habitude) comme si son parti n’avait pas été aux affaires durant les 25 dernières années : qu’ont fait Luc Ferry, Fillon, de Robien durant les dernières années pour empêcher ce qu’il dénonce ? : « Je sais quelle a été depuis 25 ans la dégradation de leurs conditions matérielles et morale ».– Selon lui, les enseignants sont « démoralisés d’avoir le sentiment qu’on ne les respecte pas, et qu’on les abandonne à leur sort sans moyen et sans direction. Ils ne doivent pas être les boucs émissaires de la faiblesse de l’école. ». Alors que par ailleurs il ne veut pas remplacer un grand nombre de départ à la retraite… C’est encore une fois le pompier pyromane !

Ségolène Royal à fait des propositions concrètes et novatrices pour l’école :

« L’Éducation Nationale doit pouvoir favoriser des pédagogies sur mesure, du soutien individualisé en favorisant le travail en équipe et l’expérimentation.» La première mission de l’école doit être de donner envie d’apprendre. Pour ça il faut changer complètement le système éducatif et favoriser « des pédagogie sur mesure ». L’accès au savoir pour tous en dépend.Dans ses cent propositions, elle propose de :• Faire de l’école la priorité budgétaire de l’État. L’argent n’est pas tout, il faut aussi changer les techniques éducative. Mais l’argent restera malgré tout le nerf de la guerre. La France est l’un des pays qui investis le moins dans l’éducation de ses enfants. C’est inadmissible.

• Laisser la liberté pédagogique aux enseignants. Ce n’est pas au gouvernement de légiférer sur les méthodes utilisées par les professeurs et les maîtres dans les classes. Gille de Robien (l’actuel ministre de l’éducation) est en train de monter les parents contre les enseignants avec ses méthodes de diabolisation. Chaque classe à ses spécificité et si on ne doit pas laisser les abus, des divergences de méthodes restent normale quand on à affaire à des individus différents.

• Instituer le soutien scolaire

individuel et gratuit

pour tous les élèves. Cette mesure doit contribuer à restaurer l’égalité des chances, si mise à mal dans notre société. Ce soutien scolaire serait prodigué par des enseignants volontaires, contre rémunération, ou par des assistants d’éducation, que l’on pourrait imaginer recruter parmi les emplois tremplin. Les associations qui font aujourd’hui du soutien scolaire gratuit seraient mieux subventionnées qu’aujourd’hui. Ce soutien scolaire, organisé dès le cours préparatoire, permettrait d’éviter l’orientation précoce, source de très grande injustice sociale, tout en luttant contre les effets néfastes de la massification de l’enseignement, notamment au collège.

• Réformer les ZEP, notamment en baissant à 17 le nombre d’enfants dans les classes de CP et de CE1 concernés.

• Lutter contre la violence en augmentant la présence adulte dans les établissements. Le gouvernement Jospin avait déjà commencé ce travail avec les emplois jeunes. Travail qui à été bousillé par 5 ans de droite.

La réforme de l’école est l’une des priorités les plus absolue de ce pays et ne nous y trompons pas, elle est la seule candidate qui défendra vraiment l’école et les enseignants lorsqu’elle sera élue. L’école ne changera que si les enseignants y trouvent leur compte, en terme de salaire ou de carrière (par exemple avec la possibilité d’entamer une seconde carrière pour les enseignants qui ne veulent plus être face à une classe).