Martine Aubry: « nous avons échoué parce que nous n’avons pas été nous-mêmes »

PARIS (AFP) – Martine Aubry, maire PS de Lille, estime que les socialistes ont perdu à la présidentielle parce qu’ils n’ont pas été eux-mêmes, face à un Nicolas Sarkozy qui bénéficiait d' »une structuration idéologique forte » et du « rassemblement de son camp ».

« Nous avons échoué car nous n’avons pas été nous-mêmes », déclare Mme Aubry dans l’Express en date du 28 juin. « La vraie modernité consiste non pas à se situer sur le terrain de l’adversaire, ni à suivre tous les jours les nouvelles demandes des Français, mais à définir à partir de nos valeurs un projet de société », poursuit-elle dans une critique implicite de la candidate Ségolène Royal.

Pour Mme Aubry, « Nicolas Sarkozy a montré a contrario ce que pouvaient être les conditions d’une victoire : une structuration idéologique forte et le rassemblement de son camp », deux points sur lesquels « les socialistes ont failli ».

Elle note encore que la droite « a préempté les questions d’emploi et de salaires » -« un comble ! ». « Je ne crois pas, dit-elle, que nous ayons perdu parce que nous avons proposé le smic à 1.500 euros » -un point du programme contesté après coup par la candidate. « Nous avons perdu parce que nous n’avons pas suffisamment défendu les bas salaires et une répartition plus juste des richesses ».

« Assumons ce que les socialistes ont fait depuis un siècle, ne donnons pas l’impression que nous n’avons pas d’histoire », dit-elle encore à propos des critiques sur les 35 heures. Elle estime encore qu' »il fallait faire appel aux électeurs du MoDem, à tous ceux qui partagent nos valeurs, mais le temps n’était pas venu d’un accord électoral ».

« Face au modèle libéral et financier que propose (Nicolas Sarkozy), nous devons élaborer un autre modèle, que je résume par +la justice, la justice, la justice+!. Le PS doit faire son autocritique pour revenir à ses valeurs, retrouver ses fondements, moderniser ses réponses », affirme-t-elle, disant préférer le terme de « renaissance » à celui de « refondation ».

Elle estime enfin que François Hollande est « le mieux placé » pour mettre le parti au travail afin qu’il adopte « une ligne claire » au prochain congrès, à l’automne 2008.