Histoire : la guerre d’Éthiopie de 1935

Avant de résumer et d’analyser la guerre d’Éthiopie de 1935 (parfois aussi appelée guerre d’Abyssinie ou campagne d’Éthiopie), faisons une brève introduction rappelant le scénario historique : dans le passé, les plus grandes puissances européennes se vantaient d’avoir de nombreuses colonies : à la fin du XIXe siècle, l’Empire britannique était très grand ; l’Empire français n’était pas le moindre, tandis que l’Allemagne et la Belgique avaient moins de colonies que les deux autres, mais un nombre respectable en tout cas. À la fin du XIXe siècle, elle ne possédait que deux colonies en Afrique de l’Est, l’Érythrée et la plus grande partie de la Somalie ; en 1902, elle a obtenu une petite concession en Chine à Tianjin et, pour étendre le colonialisme italien, il faut attendre 1912, année de la conquête de la Libye.

La guerre Éthiopie 1935 et les intentions de Mussolini

À partir de 1923, peu après avoir pris le pouvoir, Benito Mussolini pensait créer une nouvelle ère coloniale pour l’Italie, en étendant surtout la domination en Afrique de l’Est. La région africaine dans laquelle Mussolini pensait étendre l’influence italienne était l’Éthiopie, qui restait un État indépendant, administré par les Négus et les Ras, les gouverneurs locaux.

D’autre part, les Italiens ont déjà essayé une fois, en 1896, d’occuper l’Ethiopie mais la bataille d’Adua a été fatale à l’armée royale. L’Ethiopie, dans les années 1930, se présentait comme un Etat, ou plutôt un Empire, de type féodal, où il y eut plusieurs tentatives de l’Empereur Haile Sellassiè, mais c’était un pays qui, malgré ses efforts, n’a jamais réussi à se développer.

L’invasion de l’Éthiopie et l’opinion publique

En 1928, Mussolini a déclaré que les deux nations s’étaient réconciliées, elles ont également signé le Pacte d’amitié mais, dans les années suivantes, il y a eu plusieurs incidents, notamment vers la frontière avec la Somalie italienne à Ual Ual, où il y a eu un affrontement armé en 1934.

L’attaque éthiopienne a servi de colle aux idées que le fascisme était en train de mûrir, c’est-à-dire de créer une sorte d’empire pour contrôler une grande partie de la Méditerranée. L’opinion publique européenne, en particulier britannique, s’est opposée à l’intention du Duce d’envahir l’Éthiopie, car elle craignait une éventuelle déclaration de guerre et s’inquiétait également de tout type d’événement que l’invasion pourrait provoquer.

Mussolini n’accorde aucune importance à l’opinion publique internationale et, à la fin de 1934, donne de nouvelles instructions au général Pietro Badoglio, dans lesquelles il précise que les relations avec les Abyssins ne peuvent être résolues que par l’intervention des armes.

Le 2 octobre 1935, il y a eu l'”appel aux armes” ; le 3 octobre 1935, les troupes italiennes présentes en Érythrée ont commencé l’invasion de l’Éthiopie : c’était une guerre coloniale comme jamais auparavant pour la richesse des moyens, tant en termes numériques que quantitatifs. En plus d’être une guerre coloniale, l’expédition avait aussi une autre signification importante, celle du consentement, car avec la guerre d’Ethiopie, les rapports historiques disaient qu’à cette époque toute l’Italie était fasciste et que le régime assumait son consentement absolu.

Entre-temps, l’opinion publique mondiale, déjà hostile avant l’invasion, devient inébranlable et l’Italie est condamnée par la Société des Nations, qui décide d’appliquer des sanctions ; pas moins de 52 États sont contre l’action italienne ; la nation qui deviendra l’ennemi numéro un est l’Angleterre de Churchill, qui, jusqu’à peu de temps auparavant, estimait le Duce. Pour les dépenses énormes que l’État a dû faire face pour la campagne éthiopienne, le 18 décembre 1935 a été appelé le Jour de la Foi (ou de l’Or), le jour où chacun a été invité à faire don de sa foi et d’autres ors personnels ; plusieurs antifascistes et universitaires comme Pirandello y ont également pris part.

Les contacts avec la Société des Nations, en particulier avec la France et l’Angleterre, se poursuivent sans relâche, mais Mussolini est toujours réticent à trouver des solutions diplomatiques.

Entre-temps, Pietro Badoglio, le meilleur maréchal et général que l’Italie avait à l’époque, fut envoyé en Ethiopie pour diriger les opérations de guerre en renvoyant Emilio De Bono en Italie, car le Duce ne pouvait pas risquer de prolonger les batailles et risquer de ne pas gagner. Pour vaincre les Abyssiniens, les Italiens ont utilisé des armes chimiques (gaz asphyxiants) et les Abyssiniens, pour leur part, ont utilisé des balles “dum dum”. (c’est-à-dire des balles à expansion) qui explosent à l’intérieur des corps ; il s’agit d’armes interdites par les conventions internationales, mais utilisées par les deux armées.

Les ascars et les principales étapes de la guerre d’Ethiopie

Un grand rôle dans la guerre d’Ethiopie a été joué par les “ascari” qui étaient un groupe de soldats indigènes d’Afrique de l’Est, encadrés comme des membres réguliers des troupes italiennes : ils étaient considérés comme le fer de lance et, en fait, en février 1936, ont conduit à la première grande victoire italienne à Amba Aradam.

En mars, la résistance abyssinienne, dirigée directement par le Négus, est fléchie ; le 3 mai, le Négus abandonne l’Ethiopie et débarque en Palestine ; le 5 mai 1936, les Italiens occupent Addis-Abeba, mettant fin à la guerre d’Ethiopie.

La guerre d’Éthiopie a été un succès pour le régime et, comme mentionné plus haut, à cette époque, toute l’Italie était fasciste, mais ce succès s’est vite avéré être un échec, tant du point de vue économique que parce que ces terres nouvellement conquises étaient indéfendables ; Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont été laissés seuls car, en fait, l’économie était rare et pour atteindre l’Éthiopie, ou plutôt l’Afrique de l’Est, les navires italiens devaient passer par le canal de Suez, qui était contrôlé par les Britanniques, qui étaient en guerre contre l’Italie ; l’Afrique de l’Est était donc bientôt perdue.