Il y a quelque chose de pourris au royaume de l’ADN

On croyait le racisme biologique enterré pour de bon. Mise en miettes par la génétique, dont les premiers résultats ramenaient toute l’humanité à une seule même et grande famille. On oublie malheureusement vite que l’homme sait oublié tout ce qui le l’encombre pour réussir à prouver ce qui l’arrange!

Voilà la notion de race remise en selle. Et pas par n’importe qui : par l’Américain James Watson lui-même, codécouvreur, avec Francis Crick et Rosalind Franklin, de la structure de l’ADN (acide désoxyribonucléique). Je vous parlerais bien de comment Watson et Cricks ont volé les résultats de diffraction aux rayons X effectués par Rosalind Franklin pour réussir à trouver les premiers une représentation de l’ADN (double hélice, appariement des bases, emplacement des liaisons hydrogène, etc.) mais ce ne sera pas pour ce billet. Malgré que ce soit une histoire passionnante!

Le prix Nobel de médecine fut ainsi décerné en octobre 1962 à James Watson ainsi qu’à Maurice Wilkins et Francis Crick, ses compagnons de recherche. En gros : les pères de la génétique moderne et de la génomique.

Mais voila, il y a deux semaines il a tenu des propos racistes dans les colonnes du Sunday Time. Il y déclara qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques sociales sont fondées sur le fait que leur intelligence (Africains) est la même que la notre (occidentaux) alors que tous les tests prouvent que pas vraiment » et poursuivant sur ses propos, il indique que « son espoir est que tous les hommes sont égaux » mais il répond que « les gens qui ont eu affaire avec des employés noirs se sont rendus compte que ce n’était pas vrai » et il avance que « le gène à l’origine des différences au niveau de l’intelligence humaine» pourrait être identifié d’ici dix à quinze ans.

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’il dérapait sur ce genre de sujet : il déclara en 1997 à un journal britannique qu’une femme devrait avoir le droit d’avorter si son enfant a des gènes homosexuels, puis s’était ravisé.

Evidemment la communauté scientifique s’est immédiatement indigné. Par exemple, le biologiste Steven Rose à répondu dans The Independent le mercredi suivant que si «Watson connaissait la littérature sur le sujet, il aurait su qu’il est en dehors de sa profondeur scientifique». Aucun tests ne prouve à l’heure actuel une quelconque différence intellectuel en fonction de l’origine ethnique. Et si certains gène influence peut être l’intelligence, le résultat final est sans doute fonctions de dizaines de gène et de facteurs environnementaux très importants.

Retour d’un “racisme scientifique” qu’on croyait disparu ? Ou simples élucubrations d’un vieil homme (79 ans) qui s’est dit, quelques jours plus tard, “mortifié” par ses propres mots, alors que toutes ses conférences au Royaume-Uni étaient annulées et que son institution, le Cold Spring Harbor Laboratory, le remerciait sans délai.

En réalité je pense que cette homme fait partis de la mouvance de la droite déterministe anglo-saxonne. Religieuse, très conservatrice et parfois aussi fleuretant avec le racisme. Le déterminisme connait aujourd’hui un regain très fort, notamment aux USA, et une influence grandissante parmi les politique.

Evidemment nous n’avons pas eu de commentaire de la part de Nicolas Sarkozy sur le sujet. Peut être que ses propos sur les gènes qui provoquent l’homosexualité ou le suicide sont en commun accord.

Une chose est sure : nous devons être plus vigilant que jamais sur l’utilisation des connaissances scientifique à des fins d’endoctrinement et des idéologies raciste ou xénophobe.