L’impact de la crise sanitaire sur le marché de l’art

crise sanitaire

Publié le : 04 mai 20216 mins de lecture

L’économie mondiale a été freinée par l’apparition de la pandémie du coronavirus. La crise sanitaire a impacté de nombreux secteurs, dont le marché de l’art. Entre des galeries fermées et des salons annulés à cause des confinements, la baisse du chiffre d’affaires dans ce domaine était prévisible. Cependant, certaines tendances montrent une perspective d’avenir pour ce secteur.

Marché de l’art : entre inquiétude et espoir

D’un côté, le marché de l’art semble être très impacté par la pandémie. De l’autre, il affiche de l’espoir quant aux années à venir. Après la fermeture du TEFAF à Maastricht en mars 2020, les ventes ont nettement diminué en Europe, en Asie et en Amérique. Cette situation a engendré la réduction de l’effectif dans de nombreuses galeries d’art. Selon les études sur ce sujet, près d’une galerie sur trois a dû se séparer de plusieurs de ses salariés. Précisément, il s’agit de 38 % d’entre elles, qui disposent d’environ 5 collaborateurs chacune. Outre cette malheureuse situation, les galeries affichent une baisse des ventes à cause de leur fermeture. Environ 43 % de perte sur le chiffre de vente a été constatée. À noter que cette situation touche surtout les petits établissements, qui sont déjà écrasés par la concurrence avec les acteurs majeurs internationaux.

Plusieurs raisons ont causé cette situation. L’une des plus importantes est la fermeture occasionnée par les confinements répétitifs. Le nombre de visiteurs a beaucoup chuté, et de ce fait le chiffre d’affaires. Les autres raisons concernent les annulations successives des salons, des foires et des événements de vente aux enchères. Pour information, vendre aux enchères ou lors de ces événements représente jusqu’à 80 % des chiffres d’affaires des galeries. Par ailleurs, le marché de l’art n’a pas montré qu’un côté sombre durant la période de crise. En effet, plusieurs acteurs ont su résister face à cette pandémie, même s’ils ont affiché une perte au début. À cet effet, la reprise des ventes leur a permis de renflouer leur caisse et de faire du profit. Cela s’explique par le fait que les acheteurs et collectionneurs ont eu le temps de réfléchir à leurs envies. Dès la réouverture, ils ont décidé d’acheter des objets de collection, surtout les antiquités.

L’adoption d’une nouvelle stratégie de vente

Outre le succès de quelques acteurs, une réalité plus encourageante laisse penser que le marché de l’art se portera mieux dans l’avenir. Les fermetures à répétition ont poussé les galeries d’art à la digitalisation et des ventes aux enchères en ligne ont été organisées. Des sites internet proposent également des visites virtuelles, des images de présentation d’œuvres, et des conférences. Les stratégies ont été payantes pour tous les acteurs. En effet, les clients se sont aussi mis au système de clic & collect. Ils visitent les diverses plateformes pour découvrir les objets de collections et achètent via le web. Ainsi, les achats ont fini par exploser sur Internet. Avant, les ventes en ligne ne représentaient que 10 % des ventes d’œuvres d’art. Elles ont augmenté jusqu’à 37 % au premier trimestre de l’année 2020. Cette tendance devrait se poursuivre en 2021. D’autant plus que les banques d’art œuvrent aussi dans ce sens. Avec leur expertise en objets d’art, elles tentent de convaincre leurs clients d’investir sans les pousser.

Le seul souci, c’est que les petits établissements se sont déjà mis à utiliser les sites avant la crise. Ils ont mis en place cette stratégie pour accroître leur visibilité. Avec la digitalisation des grands groupes et des maisons de vente, leur visibilité est désormais réduite. Les galeries qui réalisent plus de 10 millions de dollars de chiffre d’affaires se sont distinguées facilement sur Internet en attirant la plupart des clients.

Le changement de la tendance chez les acheteurs

Après la reprise des ventes d’œuvres d’art, les clients ont affiché plus d’enthousiasme qu’avant la crise. Les collectionneurs ont eu le temps de réfléchir à ce qui leur manquait. La peur d’éventuelles nouvelles fermetures a poussé les acheteurs à acquérir ce qu’ils souhaitaient dès que c’était possible. Les tableaux et les mobiliers anciens ont été très demandés auprès des galeries d’art. À noter que ces dernières années, ces œuvres ont été oubliées au profit des tableaux contemporains, modernes et des bijoux. Les ventes en ligne ont également attiré la curiosité des jeunes. Ainsi, plus de personnes nées entre 1980 et 1999 commencent à apprécier les œuvres d’art et deviennent des collectionneurs. Selon les estimations, 92 % des jeunes collectionneurs considérés comme amateurs ont déjà effectué au moins un achat dans une vente aux enchères. Ces types de clients représentent des opportunités à estimer dans les stratégies de vente des galeries pour le futur.

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