La dépendance au tabac : un fléau à la fois physique et psychologique

Fumer est un vice qui détruit notre santé. Empoisonner le corps, même en sachant qu’il a un si grand pouvoir, et nuire à notre santé se heurte directement à l’image de nous-mêmes que nous voudrions montrer. Néanmoins, pourquoi ne pouvons-nous pas nous arrêter ? Pourquoi utilisons-nous parfois même la tromperie mentale pour faire taire notre conscience ? L’industrie du tabac a toujours été et continue d’être responsable de ce lavage de cerveau. Avec sa publicité directe ou par le biais de la littérature et du cinéma, elle a réussi à associer le tabac au glamour, à la beauté et à la sensualité. En bref, des caractéristiques que la plupart d’entre nous aimeraient avoir. Le vice du tabac a de nombreuses caractéristiques, mais l’une d’entre elles n’est certainement pas la sensualité. Les terribles conséquences que cette habitude a sur notre santé et notre physique sont bien connues rides, mauvaise haleine, dents jaunes, risque accru d’infarctus et de cancer du poumon. Malgré cela, les gens continuent d’être dépendants du tabac, car fumer est désormais tout à fait normal et peu de gens savent que c’est une drogue, comme toutes les autres.

Définition : qu’est-ce que la dépendance au tabac ?

Contrairement à ce que l’on peut croire, la dépendance n’est pas que chimique : elle est aussi comportementale et psychologique, commence un docteur, addictologue, tabacologue et formateur en tabacologie. Il nous explique que ce n’est pas la nicotine seule qui crée la dépendance : en réalité, au bout de 2 ou 3 semaines d’arrêt, la dépendance à la nicotine est partie, mais ce qui reste, ce sont la dépendance comportementale et la dépendance psychologique. La fumée du tabac contient des éléments capables de bloquer des enzymes appelées monoamines-oxydases, qui contrôlent les niveaux de certains neurotransmetteurs dans le cerveau. Ces éléments sont appelés inhibiteurs des monoamines-oxydases ou IMAO. Cela aurait un effet antidépresseur sur le fumeur, et crée donc la véritable dépendance. C’est cette mécanique qui fait que le fumeur se sent déprimé et anxieux à l’arrêt du tabac. Il ne faut pas non plus sous-estimer la dépendance comportementale : la cigarette est associée à des rituels, des réflexes conditionnés chez le fumeur. L’envie de fumer est souvent liée à un lieu dans lequel le fumeur ne peut pas résister à allumer immédiatement une cigarette : une salle de pause, un bar. Bien sûr, le fumeur est dépendant à la nicotine, mais il l’est avant tout de la cigarette : celle-ci est devenue la compagne de tous les instants de vie, c’est une présence, une chaleur, toujours à portée de main.

Symptômes : reconnaître une personne dépendante au tabac

Selon les critères de dépendance de la CIM-10, on peut reconnaître une personne dépendante si elle présente au moins trois de ces six signes :

  • Un désir puissant ou compulsif de fumer. 
  • Des difficultés à contrôler sa consommation.
  • Quand la personne diminue ou arrête sa consommation, un syndrome de sevrage physiologique survient.
  • Une tolérance qui s’installe, entraînant un besoin de fumer plus important pour que l’effet apaisant ou antistress soit efficace.
  • La personne abandonne progressivement d’autres sources de plaisir et d’intérêts et augmente son temps passé à fumer.
  • Enfin, la personne continue de fumer malgré l’apparition d’effets nocifs.

Une personne dépendante au tabac ne peut donc plus contrôler sa consommation, fume par réflexe et se sent stressé, voire panique si elle ne fume plus. Le plaisir à fumer est illusoire : il s’agit, tout simplement, par l’effet de la nicotine et d’autres substances de la libération d’un manque, un peu comme lorsque vous mettez fin à quelque chose qui vous gratte en vous grattant. Mais ça vous démange à nouveau lorsque vous arrêtez de vous gratter. La cigarette devient alors un remède à l’angoisse. Un fumeur ne décide pas de fumer, il y est obligé, nous rappelle ainsi le tabacologue.

Au bout de combien de temps est-on dépendant au tabac ?

Ce qu’il faut savoir c’est que la dépendance au tabac est l’une des plus puissantes : aucune drogue n’exige d’être ingérée de nouveau toutes les 45 minutes, le laps de temps suffisant pour éliminer la nicotine. La dépendance au tabac s’installe très vite : chaque cigarette rendra plus accro. En général, on commence à l’adolescence, avec les amis, ou seul dans sa chambre. Mais plus on fume précocement et plus le risque de dépendance est important. En effet, 80 % des fumeurs auraient débuté avant 18 ans. On ne peut pas fumer avec modération, précise-t-il. Tout dépend de la manière dont on tire sur la cigarette. Et puis, quand un fumeur ne peut pas fumer de tout l’après-midi, il se rattrapera le soir. Statistiquement, les fumeurs occasionnels, ça n’existe quasiment pas.

Test et questionnaire pour calculer sa dépendance au tabac

Pour choisir le traitement qui convient le mieux pour arrêter de fumer : cigarette électronique, coaching personnalisé ou thérapie comportementale, il est possible d’évaluer le niveau de dépendance par un bilan. Vous pouvez vous rendre chez un tabacologue pour le faire, mais il est aussi possible de faire des tests soi-même pour commencer à se faire une idée.

Prise en charge psychologique

Dès qu’on décide d’arrêter de fumer, on devient un apprenti ex-fumeur. Il faut donc commencer par éteindre tous les rituels associés. Cela peut prendre entre 6 mois et 1 an. Pour cela, il conseille de consulter un vrai tabacologue reconnu, avec une formation de médecin et des diplômes. Celui-ci aidera le patient à comprendre les mécanismes qui le rendent accro et qui l’empêchent d’arrêter : pour se sortir de la dépendance, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans son cerveau”, insiste le tabacologue. Pour lui, il ne faut pas croire que les fumeurs n’ont pas de volonté pour arrêter. La volonté, ils l’ont : pour commencer à fumer bien que cela ne soit pas du tout agréable lors des premières cigarettes, il faut le vouloir. Les fumeurs ont simplement besoin d’ouvrir les yeux, voilà pourquoi la thérapie est indispensable. L’hypnose peut aussi être une vraie solution, je la pratique aussi au bout de plusieurs séances.

Vous aimez fumer ?

Personne n’aime fumer, même si de nombreux fumeurs clament le contraire, simplement parce qu’ils sont dépendants. En eux, il y a un petit être qui demande de la nourriture chaque fois qu’il a faim : c’est la crise du retrait qui parle pour eux. La preuve, c’est que la première fois qu’ils ont essayé une cigarette, ils n’ont pas du tout aimé parce que, après tout, personne n’aime ça. Il est toujours conseillé d’accepter cette réalité et de commencer à se convaincre qu’il vaut mieux envisager d’abandonner le tabac une fois pour toutes. Cessez de vous excuser : vous n’aimez pas, ce n’est pas bon pour vous, cela vous tue petit à petit, cela détériore votre qualité de vie, cela dérange les non-fumeurs, cela a perdu de son charme.

Que pouvez-vous faire pour arrêter de fumer ?

La psychologie a créé diverses techniques cognitivo-comportementales pour aider les fumeurs à renoncer au tabac. Toutefois, ces techniques ne servent que si la personne est prête à agir, c’est-à-dire si elle a pris la décision finale d’arrêter de fumer et si elle est motivée pour le faire. La première étape est donc de vouloir changer, et cela ne dépend que de vous. Chaque fois que vous avez une envie incontrôlable de fumer, il est très important de maintenir un dialogue intérieur et de vous rappeler à quel point le tabac est nocif pour votre santé. Vous n’avez pas à cacher la vérité : vous n’avez pas besoin de tabac, votre vie sera meilleure sans lui, vous voulez vraiment y renoncer.