Plan licence : une naïveté déconcertante

Mme Pécresse a annoncé jeudi 13 décembre son Plan pour la réussite en Licence. Si on ne peut qu’être d’accord avec l’objectif annoncé, il faut bien remarquer plusieurs choses. Premier élément frappant : nombre des mesures préconisées sont déjà en place dans beaucoup d’universités. Surtout, le renforcement de l’encadrement pédagogique, crucial pour améliorer la réussite, est voué à l’échec faute de moyens humains adaptés.

L’absence de création d’emplois dans les années à venir implique en effet que l’encadrement pédagogique supplémentaire se fera soit grâce à une surcharge d’enseignement pour les enseignants-chercheurs, soit à l’emploi de personnels non-permanents.

Surcharger les enseignants-chercheurs ne peut qu’affaiblir encore le potentiel de recherche dans les universités ; multiplier l’intervention de vacataires, déjà lourde dans de nombreuses universités ne va pas améliorer durablement la qualité de l’enseignement. Rappelons que d’ores et déjà les enseignants-chercheurs ne représentent que 60% des enseignants à l’université.

En refusant obstinément de créer les emplois d’enseignants-chercheurs nécessaires, Mme Pécresse sacrifie donc l’activité de recherche, alors même que nous avons besoin d’alléger le service d’enseignement des enseignants-chercheurs actifs en recherche. A ce titre, le ministère avait indiqué dans sa présentation du budget 2008 que “la création de 2 250 postes de moniteurs à la rentrée 2008 permettra aux jeunes enseignants-chercheurs de bénéficier d’une meilleure modulation de leurs activité d’enseignement afin de se consacrer plus activement à la recherche”, ce qui correspondait à un besoin majeur. Les dernières annonces nous indiquent que ces postes de moniteurs serviront finalement à tout autre chose.

Le plan licence est donc condamné soit à rester lettre morte, soit à se traduire par une dégradation de la recherche dans les universités : est-ce cela la “nouvelle université” ?