Traitement des problèmes de déglutition chez les personnes âgées

Publié le : 01 décembre 202011 mins de lecture

Le rôle de la phono-audiologie va bien au-delà de la contribution à l’amélioration de la communication. Un professionnel dans ce domaine possède les qualifications nécessaires pour travailler avec l’audition, la parole, la voix et la déglutition, quel que soit son âge. L’orthophonie peut aider les personnes souffrant d’une perte auditive grâce à des examens, à l’adaptation des appareils et à une thérapie ultérieure. Avec la voix, le travail peut être de prévention, de réhabilitation ou d’amélioration de ce qui, pour beaucoup, est leur instrument de travail. Il y a l’action auprès des personnes qui ont un changement de langue, soit par un retard à commencer à parler, soit par une perte/altération, appelée aphasie, récurrente de certaines maladies comme un accident vasculaire cérébral. Un autre travail développé par phono concerne la déglutition, à travers des exercices de renforcement des muscles impliqués dans cette activité et d’adaptation des consistances alimentaires, minimisant ainsi le risque de broncho-aspiration. Au vu de toutes ces performances, la phono-audiologie auprès des personnes âgées a beaucoup à apporter. De nombreuses personnes âgées souffrent d’une perte auditive qui peut être due à l’âge avancé, à l’hérédité ou même aux séquelles d’une blessure. Grâce aux exercices pratiqués, il est également possible d’améliorer les fonctions de mastication et de déglutition, qui sont également sujettes à des changements au cours de l’âge et peuvent entraîner de graves problèmes tels que la broncho-spray, la déshydratation et la malnutrition. 

Qu’est-ce que la déglutition ? 

La déglutition est l’action d’avaler. Le terme concerne aussi bien l’action d’avaler sa salive après la mise en occlusion des arcades dentaires que le déplacement de la nourriture mâchée ou bol alimentaire jusqu’à l’estomac. Elle fait partie de la manducation, c’est-à-dire de l’ensemble des opérations syllabiques et techniques antérieures à la digestion dans le tube digestif. Elle se produit en moyenne 3 000 fois par jour chez les hommes. La déglutition procède en quatre-temps :

– Le temps buccal ou déglutition volontaire

– Le temps pharyngien ou déglutition réflexe

– Le temps oesophagien

– Le temps cardial ou l’arrivée du bol alimentaire dans l’estomac 

On va voir un par un comment se manifeste ces maladies. 

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Le temps buccal ou déglutition volontaire 

La déglutition est de type salivaire ou buccal, et non alimentaire, car elle ne fait pas suite à la mastication. On déglutit automatiquement environ deux fois par minute, soit une moyenne de 3 000 bols salivaires par vingt-quatre heures. Une fréquence de déglutition à vide légèrement plus élevée a été observée chez les sujets de sexe masculin. Chez l’adulte, un peu moins d’une demi-tonne de salive est déglutie par an, soit 1,5 litres de salive par jour. C’est la fonction la plus fréquente, la plus énergivore et la plus importante de l’appareil manducateur. Elle permet l’humidification des muqueuses buccales et pharyngiennes. Elle permet le drainage des sécrétions des fosses nasales et du rhino-pharynx. Elle permet la ventilation de l’oreille moyenne par ouverture de la trompe d’Eustache. Par cette ouverture de la trompe d’Eustache, la déglutition salivaire permet l’équilibration des pressions de chaque côté de la membrane du tympan. Contrairement à la croyance populaire, un état anxieux n’engendre pas une augmentation de la fréquence de déglutition. 

Le temps pharyngien ou déglutition réflexe 

Il est involontaire et constitue une phase dynamique complexe faisant suite, par réflexe, au temps buccal. Il assure le transport des aliments solides, liquides ou de l’air de la cavité buccale à l’œsophage, en garantissant la fermeture de la voie respiratoire à la fois en direction du rhino-pharynx et du larynx, en s’opposant enfin au reflux vers la cavité buccale. Ce deuxième temps implique une fidélité particulière de sa biomécanique parce que l’oropharynx fait partie aussi bien de la voie respiratoire que de la voie digestive, et qu’il constitue le carrefour de croisement de ces deux voies. Le temps pharyngien de la déglutition peut être déclenché indépendamment du temps buccal. Chez l’enfant, il suit habituellement les salves de cris, de pleurs ou de toux et correspond à la déglutition de sécrétions . Le nouveau-né prématuré possède ce réflexe pharyngien de la déglutition déclenchée par l’arrivée des sécrétions, alors qu’il n’acquiert que plus tard le temps buccal et la succion. Chez l’adulte, les sécrétions en provenance du rhino-pharynx ou des voies respiratoires inférieures peuvent déclencher le deuxième temps de la déglutition lorsqu’elles parviennent au pharynx, qu’elles soient ou non accompagnées de toux. On savait du reste que le contact oro-pharyngé était susceptible de déclencher la phase pharyngée de la déglutition et que l’anesthésie du pharynx l’inhibait. La stimulation de l’oro-pharynx peut donc être utilisée dans la réhabilitation du deuxième temps de la déglutition. Mais ce deuxième temps constituant avant tout la conséquence réflexe du premier, les stimulations péribuccales, labiales et orales ainsi que la succion jouent un rôle plus important encore, dans cette réhabilitation.

Le temps oesophagien 

Il assure le transport des aliments de l’hypopharynx à l’estomac par un mécanisme actif mais involontaire. C’est le péristaltisme primaire. Le péristaltisme secondaire, suscité par toute distension œsophagienne, est à même de conduire à l’estomac un contenu solide ou liquide demeuré dans l’œsophage ou ayant reflué dans ce dernier à partir de la cavité gastrique. La déglutition des liquides s’associe également à une activité péristaltique active. Mais lorsqu’ils sont déglutis en position verticale, les liquides atteignent le cardia plusieurs secondes avant l’onde péristaltique, sous l’influence de la gravité. La pesanteur ne constitue par conséquent qu’un mécanisme adjuvant du troisième temps de la déglutition qui demeure possible, même pour les liquides, contre l’effet de pesanteur, c’est-à-dire la tête en bas. L’appel du bol alimentaire lié à la pression intra-thoracique négative que détermine l’arrêt respiratoire en inspiration constitue le second mécanisme adjuvant du troisième temps de la déglutition. 

 Traitement des problèmes de déglutition

Il est fréquent que, pendant le processus de vieillissement, les personnes âgées éprouvent des difficultés à avaler, que ce soit de la nourriture, des boissons, des médicaments ou même leur propre salive. La logopédie contribue à ce problème en améliorant la déglutition pour diminuer la fréquence des étouffements. Le traitement des troubles de la déglutition est étroitement lié au traitement de leur cause. Généralement, un traitement adapté de l’origine des troubles permet de les atténuer efficacement. Dans le cas de maladies chroniques ou de troubles liés au vieillissement, d’autres traitements doivent toutefois être envisagés tels que l’ostéopathie, l’orthophonie, suivis diététique. Une alimentation adaptée doit être instaurée pour permettre à la personne de se nourrir suffisamment sans courir de risques ni rencontrer de gêne. Ainsi, certains aliments sont à privilégier et d’autres à éviter. Il faut tout de même s’abstenir de manger certaines nourritures telles que le pain aux céréales, les graines, les fruits oléagineux, les fruits avec des petits pépins : kiwis, framboises, raisins, etc, les aliments saupoudrés de sucre ou de cacao, les aliments fibreux : ananas, asperges, etc, les aliments gluants ou collants : fromage fondu, tapioca, etc. Mais par contre, les aliments cités ci-après sont privilégiés : les aliments appréciés par le patient, les aliments humides, les aliments faciles à mastiquer telles les purées et les viandes hachées, les aliments qui stimulent la sensibilité buccale, les boissons chaudes ou froides. 

En cas de complication

Toute déglutition difficile doit conduire à consulter le médecin traitant, qui précise les caractères de la dysphasie et dont l’examen clinique étudie le pharynx. La laryngoscopie pratiquée par l’ORL et la fibroscopie œso-gastrique pratiquée par le gastro-entérologue sont indispensables pour voir un corps étranger, un cancer débutant, une œsophagite ou un reflux gastro-œsophagien. Un scanner thoracique peut être utile si le médecin suspecte une compression de l’œsophage par un organe voisin. Le traitement de la déglutition sera celui de sa cause. Si l’alimentation naturelle est impossible, une sonde gastrique permettra d’alimenter le malade.

Renforcement des cordes vocales

Chez les personnes âgées, il est fréquent que les muscles du larynx s’affaiblissent, ce qui rend la parole plus difficile en raison de l’usure naturelle ou de maladies comme la maladie de Parkinson. Dans ce cas, le renforcement de la région laryngée par des exercices peut aider à la production et à l’articulation de la parole. Ainsi, l’orthophoniste a beaucoup à ajouter auprès des personnes âgées, même en soins palliatifs, et peut contribuer à une meilleure qualité de vie pour le patient. La voix humaine produit des sons par frottement de l’air des poumons sur les replis du larynx de l’être humain : elle inclut le langage, le cri et le chant. Elle est produite grâce aux poumons, aux abdominaux, au diaphragme, aux cordes vocales et grâce à la cavité buccale : les poumons produisent un flux permettant la vibration des cordes vocales lors du passage de l’air, tandis que les muscles du larynx ajustent la hauteur du son produit. Au cours de la vie d’un individu, les cordes vocales sont soumises à différentes transformations – naturelles ou non -, ce qui provoque une altération et une fatigue vocale. Logiquement, il arrive que l’on ne parvienne plus à maîtriser une grande variété de fréquences. La voix est également modifiée lorsque la respiration devient mauvaise. Le sport permet de libérer la respiration abdominale et l’appareil respiratoire, ce qui va lutter contre l’altération de sa voix. En cas de troubles inflammatoires – inflammation du larynx, bronchite, inflammation des voies nasales, coup de froid et toux concomitante, asthme, etc. Selon les cas, de nombreux exercices existent pour préserver sa voix.

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