Une agriculture spatiale pour la vie sur Mars

Le développement de l’exploration spatiale permettra sûrement un jour à l’homme de s’installer sur la Lune ou sur Mars.

Un voyage aller-retour entre la Terre et Mars prendra néanmoins au minimum trois années. Il ne sera donc pas possible de vivre seulement d’un ravitaillement en provenance de notre planète. En outre, si l’on considère les conditions de vie sur Mars (une température moyenne de -60 degrés, une pression atmosphérique de 1/100 celle de la Terre, moins de 1% d’oxygène…), elles sont telles qu’aucun homme ne pourrait y vivre pour l’instant.

C’est en songeant à ces difficultés, que l’ “agriculture spatiale” a vu le jour il y a une vingtaine d’années et continue de se développer aujourd’hui. Des recherches sont actuellement menées au Japon par le département Biologie et Agriculture spatiales de la branche scientifique de la JAXA (Japanese Aerospace Exploration Agency). Selon le professeur Yamashita, chercheur dans ce département, l’agriculture spatiale passera par plusieurs étapes et la première sera de bâtir une serre pressurisée, en forme de dôme, dans laquelle la vie pourra être maintenue. Le sol de Mars ne permettra pas une culture immédiate du sol et une culture hydroponique (agriculture hors-sol) sera un point de départ nécessaire. Les parties non comestibles des plantes qui seront cultivées seront transformées en compost grâce à l’action de bactéries, et contribuera ensuite à former au bout d’un certain nombre d’années un sol naturel cultivable. On envisage également la plantation de plantes grasses, qui demandent peu d’eau et possèdent la caractéristique de pouvoir croître dans des sols pierreux. Des recherches concrètes se poursuivent actuellement dans le but de parvenir à en extraire les minéraux (notamment le sodium dont elles sont très riches).

Une fois le sol constitué, la seconde étape sera la plantation d’arbres. Ils seront les fournisseurs d’oxygène indispensable au développement de la vie et pourront également servir à d’autres usages (matériaux pour la construction de futurs logements, combustible, etc.). Outre la culture d’ingrédients de base, comme le riz, le soja, la pomme de terre, les légumes verts, la plantation de mûriers permettra d’élever des vers à soie, dont la chrysalide sera la principale source de protéines animales dans la future alimentation martienne.